All your base are belong to us

You have no chance to survive make your time.

HA HA HA HA…

Ha mais bravo ! Quelle originalité pour titrer un billet sur son blog, non mais si je m’avais en face, je me collerais des baffes, franchement…

Bon, sinon, je fais pas juste ce billet pour m’amuser. Enfin, si, un peu quand même. Je ne vous apprendrai pas d’ou vient la fameuse phrase qui fait office de titre à ce billet. Mais non. Pas à vous. Si ?

Zero Wing, sur Megadrive, un shoot’em up pas mauvais des années 90, et qui s’ouvre sur cette superbe scène d’introduction, dans un anglais des plus formidables :

On notera au passage la musique, qui pète quand même pas mal, ainsi que le niveau d’anglais digne d’un élève de sixième. Et encore.

Et donc, il y a quelques jours, je discutais avec le désormais célèbre bot Encarta sur MSN, la version anglaise (oui, je n’ai pas d’amis, il faut le savoir). Et à force de lui envoyer des conneries pour voir sa réation, la fameuse phrase a fini par tomber. Je vous laisse admirer le résultat :

Conclusion : les mecs de Microsoft sont de gros geeks perdus. Et nous offrent de grosses crises de rire, parfois. J’adore.

Nintendo DS Air

Alors voilà, ça fait des semaines qu’Apple nous les gonfle avec son MacBook Air et sa pub sur une chanson (adorable) de Yael Naim. Ouais, le MacBook Air rentre dans une enveloppe, c’est le portable le plus fin du monde, il est super sexy, blablabla. Sauf que tout ça, la Nintendo DS le faisait avant. Et en mieux. Ouais. Pas convaincu ? La preuve…
Comme quoi, on n’innove pas tant que ça chez Apple. Enfin, grâce à cette pub, j’ai appris que Yael Naim est passée septième meilleure vente de singles aux États-Unis, alors qu’il y a encore un mois, personne ne la connaissait (sauf moi, mais je suis un connard prétentieux qui s’intéresse aux artistes indépendants). Et c’est bien, puisque finalement, elle le mérite. Tout ça pour dire que la Nintendo DS, c’est sexy. N’est-ce pas, Marise ?

Dans ma Xbox 360 : The Club

Vous venez de recevoir un SMS sur votre portable. « Rendez-vous au bunker désaffecté à 15 heures, ton arme sera imposée, vient seul. » Vous n’aimez pas beaucoup cet endroit, vous avez failli y laisser votre peau la dernière fois. Mais aujourd’hui, vous êtes en forme, et vous devez absolument rester bien placé dans le classement pour obtenir une récompense à la fin du tournoi.

14h55. Vous voilà en approche. La boule au ventre de votre premier tournoi est toujours présente, mais est devenue trop discrète pour vous gêner désormais. Vous arrivez devant l’entrée du bunker. Une masse de deux mètres de haut vous fixe du regard et ne vous lâche pas des yeux, comme pour vous faire culpabiliser d’avoir cinq minutes d’avance. Elle s’approche de vous, vous fouille minutieusement, et vous tend un fusil à pompe et quelques cartouches. « Content de te revoir au Club, Seager… »

Les règles cette fois-ci sont simples : vous devez simplement trouver la sortie qui a été décidée par les organisateurs (sur lesquels vous ne savez rien), le tout en tuant un maximum de personnes. Car quelle que soit la mission, toujours basique, qui vous sera imposée pas le Club, votre principal moyen de gagner des points sera de tuer toutes les personnes que vous rencontrez, sans bien sûr vous faire tuer vous-même.

The Club ne fait donc pas dans la dentelle, et pourrait se résumer en une seule phrase simple : tuer ou être tué. À travers huit niveaux différents, vous allez devoir vous battre pour survivre, tout en éliminant vos adversaires. The Club est un jeu qui récompense la prise de risques, et il n’est donc pas rare de devoir traverser un couloir en courant, tout en s’arrangeant pour éliminer le plus vite possible le malheureux qui se trouve au bout avant qu’il ait le réflexe de vous mettre une balle dans la tête.

Le système de points et de combo est élaboré, mais reste assez simple : après avoir tué votre première victime, votre jauge de combo passe logiquement à 1. C’est de cette jauge que vous allez tirer le maximum de points, qui vous assureront ensuite une bonne position au classement général. Une fois cette jauge à 1, celle-ci se vide peu à peu. Vous allez donc devoir courir le plus vite possible vers votre prochaine cible pour l’éliminer avant que votre jauge disparaisse. Votre combo passe ainsi à 2, mais la jauge se vide alors plus vite. Et ainsi de suite, plus votre combo est élevé, plus il est difficile de le maintenir à son niveau.

Bien sûr, cela contribue grandement à l’adrénaline que le jeu procure. Le joueur est constamment sous pression, et doit enchaîner les morts tout en prenant garde à ne pas mourir lui-même, et surtout à respecter le temps qui lui est imposé quand la mission le demande. Chaque niveau est divisé en plusieurs étapes, qui proposent parfois des objectifs différents. Ainsi, il sera parfois demandé de simplement sortir vivant du niveau, quand d’autres missions demanderont de respecter un temps imposé (et généralement très serré), ou encore de faire plusieurs fois le tour du niveau. Rien de très original en soit, mais on n’en demande pas vraiment plus en regard du sadique qu’on prend à flinguer ses adversaires en pleine course.

Même si on n’a jamais vraiment le temps de s’y attarder vraiment, on regrette que les décors ne soient pas un peu plus variés. En tout, on a droit à une vieille aciérie, les rues de venise, une ancienne prison, un paquebot en ruine, un entrepôt vide, un manoir en ruine, un bunker désaffecté et une ville dévastée. Rien de bien folichon, mais les endroits sont appropriés pour devenir le théâtre d’une boucherie organisée. Encore une fois, ce manque de diversité n’est pas bien grave, puisqu’on passe plus de temps à courir comme un dératé qu’à admirer le cadre. Dommage quand même qu’on n’ait pas plus de plein air dans le jeu, ce qui aurait bien mieux servi les graphismes pourtant très réussis.

Une fois la manette en main, quelque chose choque au premier abord. La maniabilité, sans être catastrophique, demande un certain temps d’adaptation. Ce fameux stick droit, qui sert à diriger la vue de son personnage, est assez frustrant quand on est en pleine fusillade et qu’il faut tourner rapidement. Et ne parlons pas des grands sprints, dans lesquels négocier un virage sans lâcher la touche de course tient de l’exploit. Un défaut qui disparaît certainement avec la souris du PC, mais qui se montre gênant sur console. Mais les joueurs persévérants seront récompensés, puisqu’une fois le jeu en main, c’est un vrai bonheur d’enchaîner les tirs réussis et les balles en pleine tête.

Au final, The Club arrive sans trop de problème à effacer ces quelques défauts pour dévoiler tout le fun de ses joyeuses fusillades sur fond d’une musique discrète, mais rythmée. L’adrénaline est constamment à son maximum, et on tire un certain plaisir malsain à vider des chargeurs entiers dans des couloirs. Plaisir qu’on peut d’ailleurs partager avec joie sur le Xbox Live, puisque le jeu propose un multjoueur plutôt réussi. À noter également qu’il est aussi possible de jouer à plusieurs sur une même console, ou encore avec plusieurs consoles connectées en réseau, ce qui donne accès aux joies des parties à 8.

Il ne manque donc que quelques modes de jeu un peu plus variés pour que The Club soit une véritable réussite. Le jeu est fun, rapide, stressant, et un facteur d’adrénaline sans égal sur console. L’option de création de mission est amusante, mais sans vraiment d’intérêt tant on peut se contenter de celles qui sont déjà présentes. Beaucoup de défauts, donc, qui ne parviennent quand même pas à entacher l’impression générale sur The Club, qui est finalement très bon.

Que feriez-vous pour 5 millions de dollars ?

Hier soir, je suis allé voir, en très bonne compagnie, le film « Live! ». Alors je sais, c’est très en retard, il est sorti il y a environ un mois dans toutes les salles de France. Et je suis bien content de ne pas avoir raté le coche. Parce que ce film prend une dimension énorme dans une salle de cinéma, mais j’y reviendrai bien assez dans la suite de ce billet.

Déjà, la première chose à souligner est que ce film n’a pas reçu une très grande promotion en France. Quelques affiches dans le métro ou à l’entrée des cinémas, quelques bandes annonces diffusées aléatoirement, au hasard d’émissions cinématographiques, mais rien de plus. Aucune critique vraiment dithyrambique, le film ne semble pas avoir reçu un accueil brillant dans l’Hexagone.

C’est pour ça que je préviens à l’avance : je vais construire ce billet en deux parties : une pour « tout le monde », dans laquelle je donne simplement mes impressions générales sur le film, et pourquoi il faut aller le voir (parce que oui, il FAUT voir ce film, quelque soit le regard que l’on porte sur le sujet), une autre pour ceux qui l’ont vu, ou ceux qui se foutent de se faire « gâcher » la fin, plus détaillée, dans laquelle je vais pousser un peu plus la réflexion que certains comme Chronic’Art (je les cite eux parce qu’ils me gonflent, mais il y en a plein dans le même sac) se sont efforcés d’occulter. Et dans laquelle je vais surtout tenter d’expliquer pourquoi ce film a eu de si mauvais retours en France, parce que j’en ai ma petite idée, mais ça peut faire mal à l’égo, attention…

Du coup, la totalité du billet ne s’adresse pas forcément à tout le monde, mais j’avais vraiment envie d’apporter une réflexion poussée sur le film, sans pour autant le gâcher, tant la fin est intense et prend le spectateur à la gorge.

Live! est donc un donc un excellent film. Vous regardez certainement ces émissions de télé réalité (même si vous ne voulez pas l’avouer), dans lesquelles vous vous délectez de voir des gens souffrir, pleurer, et aller au-delà de leurs forces et de leurs peurs pour une somme d’argent, l’assurance d’une vie à deux ou un contrat dans une maison de disques. Le tout en étant bien calé dans son canapé, bien loin de toute cette misère, un paquet de chips dans une main et la zapette dans l’autre.

Live! fait plus qu’expliquer à son spectateur le processus de création de ce genre d’émission, il lui montre surtout toutes les dérives de ce genre de jeu, du simple appât du gain à la véritable folie que ça peut engager. On passe du détachement le plus naturel à une implication malsaine dans le film, qui n’hésite pas à coller une grosse claque dans la gueule de son spectateur venu se divertir. Seulement, « ce n’est pas un divertissement, c’est un show ».

Katy est une productrice d’émissions pour une chaine de télévision américaine quelque peu à la dérive question audimat. Aujourd’hui, c’est brainstorming dans la salle de réunion : on griffonne des feuilles sur son calepin, on boit du café, on mange des fraises, mais surtout, on réfléchit bien fort à la prochaine émission de télé-réalité qui pourrait faire exploser l’audimat. Vu ce que fait a concurrence, et les chiffres d’audience de la chaine, le but de la réunion est simple : créer l’émission la plus regardée de tous les temps. Évidemment, toutes les idées y passent : perdre des gens sur une île, arrêter le cœur d’une personne et voir si elle va survivre, organiser une course de spermatozoïdes dans le vagin d’une candidate consentante… Mais la seule idée que retient l’attention de notre directrice des programmes est une plaisanterie lancée au détour d’une phrase : « on n’a qu’à organiser une roulette russe… »

La voilà, notre idée. Six candidats, une arme, et une seule balle dans celle-ci. Pour les cinq gagnants, cinq millions de dollars par tête. Pour le perdant, la mort, en direct sur une chaine nationale. L’idée séduit immédiatement Katy, qui décide de se battre pour mener ce projet à terme. Une roulette russe en direct à la télévision, personne ne voudrait rater ça. Comme on s’en doute, ce ne sont pas les obstacles qui manquent. Tant légaux (le suicide est une pratique interdite dans certains États d’Amérique) que moraux (l’église catholique s’empare rapidement de l’affaire et organise des manifestations devant le siège de la chaine). Sans parler de la FCC (le CSA américain), qui ne se laisse pas convaincre si facilement, ou encore des annonceurs, qui se montrent réticents à acheter des espaces publicitaires dans une émission dont le principe est de se tirer une balle dans la tête.

Mais ces obstacles, Katy les passe sans trop de difficultés. Pour elle, peu importe qu’on parle de son projet en bien ou en mal, l’important, c’est qu’on en parle. Ainsi, les annonceurs vont facilement être séduits par la présentation plus qu’émouvantes des candidats, qui sont prêts à risquer leur vie pour sauver la ferme familiale et que leur enfant, né prématurément, puisse avoir une vie décente et reprendre la ferme de son père. La FCC obtiendra que le programme soit diffusé à 1h du matin, loin des heures de grande écoute.

Le show prend donc forme. Les six candidats sont là, et on ne lésine pas sur les clichés : le pauvre fermier fauché (haha), la jeune blonde qui rêve de devenir actrice, l’artiste dérangée qui n’a pas peur du ridicule, le casse-cou qui veut se financer des vacances à vie, l’écrivain débutant qui veut financer sa carrière et le mexicain gay dont la mère travaille 12h par jour dans un petit restaurant de quartier. Le casting est attachant, amusant (la multiplication des clichés entraine autant de rires exprimés dans la salle) et hétéroclite.

Et le jeu a donc lieu. Ces six personnages, que nous avons suivi pendant une partie de l’émission, sont se retrouvent donc sur un plateau de télévision, en face d’un magnum 357 chargé d’une balle d’argent et de cinq balles à blanc. Cinq d’entre eux repartiront avec cinq millions de dollars, le dernier ne repartira pas. Ils le savent, ils l’ont accepté, que le jeu commence. Jamais, de toute ma vie, je ne me suis senti aussi tendu devant un film. Jamais je n’ai autant retenu ma respiration. Jamais je n’ai autant espéré que quelque chose vienne entacher le bon déroulement des opérations, et que tout s’arrête. En direct, devant plusieurs millions de téléspectateurs, six candidats se succèdent à tour de rôle pour se pointer un revolver sur la tempe, et presser la détente.

Et pourtant, j’en voulais encore. Mes yeux n’ont pas quitté l’écran un seul instant. Durant la dernière partie du film, je me suis surpris a sortir un peu de l’ambiance tendue qui s’en dégageait pour admirer le silence qui s’était soudainement propagé dans la petite salle. Les rires provoqués par les scènes grotesquement comiques des parties légères du film ont cruellement été remplacés par le silence glacial de l’angoisse palpable qui nous entourait.

(À partir d’ici, je préfère prévenir que la suite risque de gâcher le plaisir de ceux qui ne connaîtraient pas encore le dénouement de l’histoire, je vous laisse donc le choix de continuer ou non) Évidemment, l’insoutenable connaît un dénouement. L’émission suit son cours, et la cinquième balle finit par être la bonne. À ce moment précis, ce n’est pas tant le public en panique, ni la petite amie du perdant en larmes, ni même le fait que la production insiste auprès des cameramen que l’émission continue et qu’il faut continuer à tourner, qui sont les plus dérangeants. À ce moment là, oui, la pression est retombée, mais on ne se sent pas franchement mieux.

En se plaçant dans la peau du téléspectateur, ce que le film parvient parfaitement à réaliser, on se rend compte qu’on vient de suivre, en « direct », la mort d’un homme qui jouait sa vie pour 5 millions de dollars. C’est ici que le film prend une dimension très intéressante. Au-delà de la satire de la télé-réalité, qui dit qu’on est prêt à faire n’importe quoi du moment que les sous sont derrière, on y trouve une critique très dérangeante du téléspectateur lui-même.

Qu’est-ce que le film essaie de nous dire ? Que les producteurs, que personne ne supporte (surtout en France, où c’est la mode d’insulter des émissions qu’on ne raterait pour rien au monde), ont effectivement les dents longues. Au point même d’inviter certains candidats à jouer leur vie pour somme d’argent conséquente. Mais aussi, et surtout, on nous montre implicitement à quel point on a apprécié le spectacle. Un homme vient de se suicider devant nos yeux, et à aucun moment nous n’avons voulu qu’il retire son arme, qu’il la dépose, et qu’il abandonne. Car nous voulions que cela arrive. Nous ne souhaitions la mort de personne, bien entendu, mais elle faisait désormais partie du jeu. De la même manière que cela ne nous dérange plus de voir un mec tromper sa femme à la TV, de la même manière que nous pouvons regarder des gens crever de faim et chopper des maladies graves sur une île, nous pouvons également pousser le vice jusqu’à regarder quelqu’un mourir, pour notre plaisir.

Et c’est, à mon avis, la raison pour laquelle le film n’a pas eu le succès qu’il mérite. Non pas qu’il n’ait pas rencontré son public, au contraire, je pense que toutes les personnes concernées un tant soit peu par le sujet l’ont justement vu. Et n’ont pas voulu voir le message derrière. Parce que la vérité n’est jamais facile à entendre. Parce qu’on ne veut pas s’entendre dire qu’on est capable de regarder quelqu’un se tirer une balle si on nous le proposait. Parce qu’on détourne simplement les yeux d’une vérité qui apparaît aujourd’hui comme étant de plus en plus évidente.

Il suffit de regarder les critiques françaises pour s’en convaincre. Je cite Studio : « En 2008, à l’heure où notre tube cathodique se permet toutes les horreurs, a-t-on encore la force de s’émouvoir ? Pas sûr. Avec son Live !, Bill Guttentag prend, lui, le parti d’en rire (jaune !), signant un film de “téléfiction” amoral, incorrect, barré. » Incorrect ? Amoral ? Et pourtant, lorsque les Pays Bas ont lancé la rumeur d’un jeu de télé-réalité dans lequel un donneur d’organe déciderait de la personne qu’il sauverait, laissant mourir les deux autres, n’y avez-vous pas tous cru ? N’avez-vous pas tous crié au scandale, en brandissant votre morale à deux francs, pour crier contre une émission que vous auriez été des millions à regarder ?

L’être humain est racoleur, et dans Live!, cette vérité lui revient en plein dans la gueule, ce qui lui déplait fort. Vous n’aimeriez pas qu’on découvre votre pêché mignon, celui que vous n’osez même pas vous avouer vous-même, mais duquel vous ne pouvez pas vous passer. C’est un fait, un n’aime pas voir ses défauts les plus honteux exposés à la face du monde, alors on préfère les enterrer. Les rédacteurs de chez Chronic’Art, qui ont manifestement passé plus de temps à se masturber sur le décolleté d’Eva Mendes qu’à réfléchir au fond réel du film, nous expliquent quand-même maladroitement que « c’est la télé qui mène les individus par la zapette, impose le spectacle, réveille l’instinct du tueur-voyeur-cynique en chacun de nous ».

Et c’est pourtant vrai. On n’ose jamais vraiment y croire, on préfère se dire que c’est une fiction, mais on se retrouve toujours à un moment donné bien confortablement dans son canapé, avec un thermostat réglé sur 21°C, regardez un mec courir sur les routes brésiliennes pour quelques sous, ou un autre se coller un flingue contre le crâne pour 5 millions. Ça arrivera, ce n’est qu’une question de temps. S’il y a dix ans, quelqu’un vous avait dit que vous regarderez une homme ou une femme crever la dalle sur une île et sucer des cailloux pour « survivre », vous ne l’auriez pas cru.

En définitive, Live! n’est pas un film moralisateur. Il donne simplement au spectateur ce qu’il voulait voir : des gens risquer leur vie. Il ne nous dit pas que c’est intelligent, stupide, normal ou immoral. Ils ne nous juge pas, ne nous condamne pas, ne nous porte pas en triomphe et ne nous déroule pas le tapis rouge. Il nous met simplement en face de notre réalité, qu’on l’aime ou qu’on la déteste, qu’on veuille en prendre conscience ou non. Pour peu que le spectateur veuille bien s’imprégner un tant soit peu du film, il en prendra forcément une claque. Parce que le film va jusqu’au bout. Parce qu’à travers le côté (pas si) énorme du concept énoncé, on se rend compte que non-seulement c’est plausible, mais qu’en plus ça fonctionne.

La première fois qu’on entend « roulette russe », on ne peut pas s’empêcher de sourire en imaginant six mecs alignés avec un flingue sur la tempe, en se disant que ces connards de producteurs feraient n’importe quoi pour s’enrichir. Une fois que l’émission est lancé et que la balle est tiré, on fait beaucoup moins le fier. Parce qu’on ne sait même pas si on doit regretter ce qu’on a vu. Voilà le plus dérangeant. Qu’il s’agisse d’une pure fiction ou d’un film d’anticipation, il est clair que Live! mérite bien mieux que l’accueil qu’il a reçu. Attendons que le concept existe vraiment, ce n’est de toutes manières qu’une question de temps…

MARSEILLE ROLLING !!!

Je ne sais pas comment commencer ce billet. J’ai un sourir jusqu’aux oreilles, des crampes aux abdominaux et je suis dans un état euphorique. Vraiment. Et ça, je le dois à mon Pipo. Et à Abel, aussi, le dernier personnage de Street Fighter IV à avoir été dévoilé. Mais plutôt qu’une longue explication, voici simplement un petit extrait d’une conversation MSN dont je vais mettre du temps à me remettre :

Pipo dit :
ya de nouvelles vids de street 4 qui traînent.
Pipo dit :
tu les as vues ?

Nicolas dit :
j’ai vu quelques images de Street

Pipo dit :
T’as vu le français ? Abel ?

Nicolas dit :
ouais

Pipo dit :
LE FRANCAIS

Nicolas dit :
il a pas la classe de Rémy

Pipo dit :
MARSEILLES ROLLING

Nicolas dit :
mais pour une fois, ils ont fait un français qui ressemble pas à une tafiole

Pipo dit :
C’EST UN DES SES COUPS

Nicolas dit :
sérieux ?
Nicolas dit :
SERIEUX ????

Pipo dit :
kick back!Wheel Kick
Marseilles Rolling
Sky Fall
Tornado Slew
Mushin (”innocent”/super)
Muga (”selfless”/ultra)

Nicolas dit :
oh bonne mère

Pipo dit :
:D

Nicolas dit :
putaing, cong

Pipo dit :
MARSEILLES ROLLING !

Nicolas dit :
putain c’est dingue

Nicolas dit :
mais ils fument quoi chez capcom ?

Nicolas dit :
j’imagine le brainstorming pour les coups

Pipo dit :
Alors les gars

Nicolas dit :
“bon, tu me trouves un nom de ville qui sonne bien, un mot classe derrière, et c’est bon”

Pipo dit :
On a REIMS BUSTER, PARIS TACKLE, ou MARSEILLES ROLLING
MARSEILLES ROLLING ! dit :
GO !

Nicolas dit :
:D
Nicolas dit :
le REIMS BUSTER déchire

Pipo dit :
-Chef Chef !
-Oui ?
-J’ai SHINRYU TOULOUSE, aussi !
-T’es viré

Nicolas dit :
:D
Nicolas dit :
DUNKERKE DASH

Pipo dit :
HAHAHA
Pipo dit :
Ce jeu va être une fête

Nicolas dit :
grave

Pipo dit :
MONTARGIS SMASH !

Nicolas dit :
j’imagine déjà le mec qui hurle “MARSEILLE ROLLING !!”

Pipo dit :
Vivement !
Pipo dit :
Je quote pour Nespas

Nicolas dit :
ah, il le faut
Nicolas dit :
POWER TROUVILLE

Pipo dit :
TOURCOING STARSMASH !

Nicolas dit :
ROUBAIX CHARGE

Pipo dit :
SARTROUVILLE BLISS !

Nicolas dit :
MEUDON BREAKER !!

Pipo dit :
SHIN POWER MELUN !!!
Pipo dit :
J’arrête la quote ici sinon ça en finira pas :D

Voilà, donc je ne sais pas ce qu’ils ont fumé chez Capcom, mais honnêtement, j’adore l’idée. Abel, donc, ce sera le petit français de Street Fighter IV. Le mec qui va sortir des MARSEILLES ROLLING toutes les trois secondes. J’ai d’ailleurs franchement hâte d’entre les doublages du jeu. En gros, ça devrait se résumer à des “HADOKEN…SHORYUKEN…MARSEILLES ROLLING !!!”. Bref, Pipo et moi sommes déjà fans.

Sinon, nous avons encore d’autres noms sympathiques à intégrer au jeu, que nous allons certainement soumettre à Capcom rapidement. Des idées géniales, comme LIMOGES CRUSHER, LE MANS SPIN, BOUCHE-DU-RHONE UPPERCUT ou encore LOIRET TACKLE. Vivement, putain…

Dans ma Xbox 360 : Rez HD

Si maintenant, tout de suite, vous me demandiez de décrire le plus beau jour de ma vie, j’en serais tout simplement incapable. Un anniversaire inoubliable ? Un noël particulièrement réussi ? Une fille qui a enfin fini par dire “oui”, après des jours, des semaines, des mois de stress ? Un premier baiser ? Un bac ou un permis de conduire en poche ? Un premier boulot à plein temps ? Non, il y a trop de ces journées que je pourrais qualifier de “plus beau jour de ma vie” pour en choisir une seule.

Pourtant, aujourd’hui, on s’en approche. Aujourd’hui, mes mains fébriles ont enfin pu se poser sur Rez, après des années à jouer à des shoot’em up fades et sans saveur. Après des années sans y avoir touché, à ce shoot de SEGA. C’est donc avec une joie non dissimulée, un sourire ineffaçable de mon visage d’enfant, que je me suis lancé dans une partie de Rez HD, qui est disponible depuis mercredi en téléchargement sur le Xbox Live.

Avant toute chose, je dois vous avouer que raconter Rez HD est un exercice assez délicat. Rez n’est pas un jeu comme les autres. On ne peut donc pas en parler comme les autres jeux. Rez s’apparente plus à une expérience unique en tous points qu’à un jeu vidéo à part entière. Sauf qu’ici, quand on parle d’expérience unique, on est bien loin des fantaisies de la Wii. Il s’agit plutôt d’un jeu hors du commun, d’un genre qui n’existait pas avant, et qui n’a pas vraiment survécu après. Rez est un jeu unique, inimitable et inimité, d’autant que celui-ci n’a pas vraiment cherché à s’apparenter à la masse de jeux qui l’a précédé.

Rez est ce qu’on pourrait appeler un “shoot musical”. Le concept n’est pas bien compliqué en soit : vous dirigez le personnage au centre de l’écran. Enfin, vous ne le dirigez pas vraiment, mais plutôt son “viseur”, qui se promène librement au gré de vos pressions faibles, mais assurées sur le joystick de la manette. Comme dans tout shoot qui se respecte, vous avez pour mission de débarrasser l’écran des ennemis qui s’y trouvent. Et c’est après avoir dézingué les premiers que vous comprendre tout de suite l’immense étendue de ce jeu en apparence complètement déjanté. Parce que oui, Rez est un jeu assez simple à prendre en main, mais complètement rebutant au premier abord. Les graphismes sont… attendez, quels graphismes ? Point de ça ici, le premier niveau ressemble plus à une vaste boîte de nuit dans laquelle le patron a fermé les yeux sur la consommation de drogue qu’à un jeu vidéo. Les habitués des shoot’em up, pour ne pas dire des jeux vidéo en général, risquent de perdre tous leurs repères en arrivant sur ce titre, et pour cause : il ne ressemble à rien qui existe.

Et c’est pourtant ce qui en fait sa force. Parce que malgré des dessins un peu simplistes, des décors psychédéliques et une animation qui donne le tournis, Rez dispose d’un atout de poids, d’un argument sans lequel ce titre aurait tout juste été bon pour les ordures : sa musique. Et c’est bien là que l’incroyable talent (pas l’émission pourrie de M6, le vrai talent…) de Tetsuya Mizuguchi (si vous êtes un habitué, vous savez déjà qui c’est, et pourquoi j’aime cet homme) se révèle aux yeux et aux oreilles ébahies du joueur sceptique. La musique, puisque c’est de cela qu’on parle, c’est vous qui la créez. C’est à dire qu’à chaque pression sur le bouton de tir, à chaque ennemi qui passe sous votre viseur, à chaque tir effectué, à chaque ennemi abattu, vous créez une nouvelle note de musique. Et plus vous avancez dans le niveau, et plus la musique devient intense. Et plus vous abattez d’ennemis, et plus vous créez l’ambiance sonore du jeu.

Cela peut paraître bête, expliqué comme ça, mais il faut vraiment y jouer pour saisir toute la quintessence de ce jeu, qui ne délivre ses secrets qu’au joueur qui détient la manette, certainement pas au spectateur assis à côté, encore moins à celui qui ne le découvre que par un article sur Internet. À mi-chemin entre le jeu d’arcade et le jeu musical, Rez ressemble plus à un voyage qu’à une mission. Pas vraiment compliqué, il est possible de finir le jeu la première fois qu’on y joue, sans jamais mourir une seule fois. La seule influence que peut avoir la manière de jouer sur l’aventure, c’est au niveau de l’énergie accumulée. En détruisant une série d’ennemis sans en manquer un, vous faîtes apparaître un objet. En tirant sur cette objet, vous récupérez son énergie. Quand vous avez emmagasiné suffisamment d’énergie, votre personnage augmente d’un niveau et les notes que vous jouez sont différentes. Et ainsi de suite jusqu’au niveau suivant.

En définitive, Rez est en quelques sortes un jeu qui ressemble à son joueur. Si l’aventure est linéaire et ne laisse aucun choix dans la direction à prendre, il existe malgré tout une infinité de manières d’apprécier Rez. Chaque joueur le découvrira à sa façon, et aucun n’y jouera comme un autre. C’est un jeu à acheter immédiatement si vous avez une Xbox 360. Déjà parce que pour 10 euros, vous avez l’un des jeux les plus originaux de sa génération, ensuite parce que ce jeu est d’une rareté frustrante en boutiques, même s’il est sorti sur Dreamcast et PS2 à l’époque.

WordPress Themes